Un déménagement ou un aménagement ?

Un déménagement ou un aménagement ?

Il y a quelques mois, ma mère a déménagé. Elle a quitté l’appartement qu’elle a occupé pendant trente huit ans.Il s’agissait de l’appartement dans lequel j’ai grandi.

En quittant celui-ci, cela m’a amenée à faire un bond en arrière pour comprendre mon présent.

Je suis retournée dans l’appartement vide, j’y ai parcouru chaque pièce, des souvenirs tristes et joyeux me sont revenus. Et puis, je me suis accoudée à l’ancienne fenêtre de ma chambre et là, j’y ai vu mon enfance.

J’ai vu un lieu de convergences de tous les enfants du quartier que nous étions, nous l’appelions « les trois  bancs » car …il y avait trois bancs. Bon, là, il n’y en a plus que deux mais ça reste « les trois bancs ».

J’y ai vu les parties de foot sur la grande place de cailloux bancs (mes cuisses s’en rappellent encore) qui à l’époque, n’a jamais eu besoin de désherbant tant nous vadrouillions dessus, à pied, à vélo, à toute vitesse surtout. Actuellement, elle se remplit d’herbes et notre grande place blanche va bientôt devenir verte.

J’y ai vu nos parties de cartes sous les arbres durant les deux longs mois d’été où nous passions nos vacances dans la cité.

J’y ai vu les fous rires, les coups de coeur, les coups de sang.

J’y ai vu mes amis du quartier Peter, Shirley, Samir, Mounia, Ikram, Ginguiez, Antonio, Maria….oui, ils étaient tous là. Tout ceux qui m’ont appris la différence et la variété. Cette diversité qui m’a amenée à ne pas craindre la différence mais au contraire à m’en nourrir, à poser les questions lorsque je ne comprends pas ce que voit l’autre et ainsi croiser nos regards et communiquer.

Et j’y ai vu Mr Chergui, mais là, ce n’était pas un souvenir. Cet homme, papa de mes amis, et bien, c’est un sage. Je me revois à huit ans, j’étais invitée chez eux, et là, dans le salon, je vis un grand tableau et je lui demanda : « C’est quoi ce truc, ce gros cube ? » (C’était la Kaaba.) Et lui, il a pris son temps pour me répondre en n’étant pas offusqué du ton de ma demande. 

J’ai découvert grâce à lui que les hommes peuvent penser, croire, différemment mais être capables de se retrouver, se parler, échanger. Il ne le sait pas mais il m’a inspirée.

Il a inspiré une manière d’être tranquille, sereine, ouverte le plus possible et en lien avec l’autre.

Alors en ce début de saison, je vous souhaite une saison de rencontres pour vous découvrir car parfois c’est dans la diversité qu’on trouve son unité.

Et comme dirait Paul Eluard : « Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous. » 

Je vous souhaite de très bon rendez-vous durant toute cette saison.

Katia

Photo by Leone Venter on Unsplash

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